Notre grand défaut…

Un des Grands principes dans la posture d’éducateur, mais finalement de parent, est de ne pas avoir d’attente à l’égard de notre enfant.

A chaque semaine de formation, mes formatrices me faisaient mes petites piqûres de rappel avant de revenir dans ma routine de maman IEFeuse.

Piqûre de rappel dont l’utilité me rendait dépendante car au bout d’un petit moment mon naturel de caporal chef revenait au galop.

Il est, en effet, difficile lorsqu’on instruit ses enfants de ne pas tomber dans ce travers de l’attente. De nous voir dans notre enfant, de ne pas transposer sur lui nos peurs, nos blocages, nos faiblesses et finalement notre propre enfance. Tous ceci inconsciemment bien sûr!

Aujourd’hui, mon cursus de formations étant terminé depuis Mars 2019, je me fais mes piqûres de rappel moi même!

Un travail sur soi et une certaine réflexion, me permettent d’adopter une posture positive d’éducateur dès lors que je travaille avec mes enfants. Et finalement cette attitude bienveillante et respectueuse doit devenir une habitude dans notre vie de tous les jours.

Bizarrement ce travail de réflexion, une sorte de conditionnement, n’est utile que lorsque je travaille avec mes enfants, avec les enfants accueillis la question ne se pose pas. La posture d’éducateur est évidente 🙂

Le cas échéant, ses attentes coupent l’herbe sous le pied de l’enfant. On lui transmet le message qu’il travaille pour nous et non pour lui-même. On lui transmet notre stress, nos ressentis. Enfin, on lui enlève tout le plaisir du travail spontané, de la découverte après l’erreur ” ha c’était ça!!!!! “, ” ha c’est pareil!!! “; ” zut j’ai tout faux… faut que je recommence! ”

” C’est son travail c’est son affaire! ” répétait sagement ma formatrice Yvette. Et c’est bien vrai ; c’est l’expérience de l’enfant, non celle du parent.

Ce dernier l’a déjà vécu différemment, il a l’expérience et la maturité que l’enfant n’a pas encore atteintes.

La situation est injuste à l’égard de l’enfant.

La pire conséquence de ces attentes est qu’elles empêchent l’enfant de construire tranquillement son propre raisonnement, ce cheminement demande beaucoup de temps et d’expérience à l’enfant. Ce cheminement peut aussi être entaché par les petites béquilles que l’adulte transmet à l’enfant en pensant lui rendre service. Très souvent en mathématiques et en français.

Par exemple, un petit montessorien a vécu les natures des mots et les fonctions. Mais lors de dictée il a du mal à savoir lorsque le verbe est à l’infinitif ou conjugué, le parent pour accélérer l’apprentissage, et en pensant bien faire, va lui transmettre sa petite béquille : ” si on peut dire prendre c’est à l’infinitif si on peut dire prenait c’est conjugué “. ( ça vous rappelle quelque chose 😉 )

Or, le parent n’a pas eu le même cheminement que l’enfant, ni les mêmes apprentissages, donc il ne peut pas calquer son esprit sur celui de l’enfant.

L’enfant doit juste comprendre qu’après une lune verte le verbe est toujours à l’infinitif. C’est à lui de construire son propre cheminement et de rester alerte lorsqu’il écrit 😉

En restant silencieux et patient nous sommes plus utile à l’enfant qu’en parasitant son esprit d’un surplus de mots.

A la lecture de cet article ne vous dites pas ” je suis nulle, je fais n’importe quoi , j’arrête l’IEF …”

Surtout pas! Tout ceci demande une petite expérience qui amène à la patience qui amène à la bienveillance qui amène à l’épanouissement dans l’Instruction en famille. Et au-delà…

Franchement, il faut juste croire en notre enfant sans le voir comme un reflet de nous-même, et il faut le vouloir en y consacrant un peu de temps.

Loin de me positionner en donneuse de leçon, à travers cet article je me fais ma propre piqûre de rappel 😉

Sincèrement, Laïla